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Extraits du livre "A ton nom" de Damien Saez
Ces textes se font l'écho de la solitude et de la révolte de toute une génération privée d'idéologie et de rêves.

Quand je pense qu'on fait gagner des millions chaque semaine à la télé alors que la science manque de moyens
pour permettre aux jeunes de s'unir à nouveau sans test ou bout de caoutchouc.
Quand je pense à leurs jeux de merde et à l'Afrique qu'on laisse crever en silence parce que soigner les pauvres ça ne rapporte pas.
Quand je pense à ces chèrs occidentaux qui ont tout compris sur tout et qui ont même eu pendant des siècles la prétention d'apprendre aux autres.
Quand je pense que le sida termine son travail en Afrique, mais dites-moi "Qui veut gagner des millions ?" ça me fout la gerbe et j'ai honte d'être un homme.
Regardez comme le monde est étrange. Les années soixante-dix ont permis la liberté sexuelle et regardez-nous,
pauvres pharmacies ambulantes ; ils ont eu les voyages et la découverte quand nous, nous luttons pour pouvoir travailler.
Pourquoi faudrait-il avoir honte aujourd'hui de se battre au nom de l'Egalité ?
Pourquoi faudrait-il avoir honte de chanter le Liberté ?
Il y a trop de cynisme autour de nous. On n'y croit plus, on à tout compris sur tout.
On préfère le ludique, plus de rêves, seulement de l'amusement.
Il n'y à plus de "light my fire", aujourd'hui c'est "Around the word", le musicomètre,
rien que du bruit pour abrutir un peuple qui l'est bien assez..
Pathétique jeunesse, je préfère cent fois la candeur du drapeau de l'espérance : "On est tous des frères." Je préfère cent fois le son de l'accordeon que pourtant je deteste à cette soupe pour les boeufs :
Encore une soirée où la jeunesse France va bien s'amuser puisqu'ici rien n'a de sens alors on va danser ...
Tu sais ce que c'est toi la solitude ? Tu sais ce que c'est ? La solitude, celle du hazard,
Tu sais bien la solitude, celle dans laquelle on se noie à petit feu, comme une drogue dans le sang,
celle qui vous arrache au néant et qu'on ose appeler la vie, celle qui fait qu'on doit bien couper le cordon,
la solitude de l'orphelin qu'on trimballe de foyer en foyer et qui ne sait plus son nom,
celle de celui qu'on appelle gosse de riches et qui passe ses nuits entières à mouiller ses draps
parce qu'il a oublié si ses parents étaient morts ou en voyage,
celle de Poil de Carotte qui se prend des cailloux à chaque récreation, celle de celle qui, une fois donné l'Infini,
se retrouve seule le ventre vide, celle des deux amoureux qui ne le sont plus,
celle de ceux que les parents s'échangent de week-end en week-end sur une place de parking,
celle du père qui marie sa fille, celle de ceux qui voient leur vie perdue à trop avoir voulu la gagner,
et celle de celui à qui on a volé le toit pour offrir la rue. Tu la connais Toi ?
Non, Toi Tu fais semblant, non Toi T'écoutes, plein de Ta fouttue sagesse,
les pauvres gens comme moi qui, épris d'on ne sait qu'elle nostalgie, Te parlent encore.
La solitude c'est cette pute de vie qui vous croise un matin, vous baise toute la nuit,
puis vous fait payer le prix du voyage par le retourà la case départ, le néant.
Qui a demandé à avoir faim ? Qui a demandé à hurler à l'agonie de jour en jour un peu plus comme un poisson le ventre en l'air ?
Personne. Voilà donc un don du ciel !
Tu sais, Toi qui fait construire des mosquées, des temples ... Tu sais, Toi la perfection, Toi le Bien Incarné, Tu pourrais réfléchir parfois.
De toute façon Tu comprends rien, T'es nul, j'en ai marre de Te parler tous les jours,
Tu T'en fous, pauvre égoïste. Après tant d'années à Te parler du matin au soir, Tu sais toujours pas aligner trois mots.
Fais attention ! Un jour je ne serai plus là et Toi Tu seras tout seul.
Faudra pas pleurer parce que sans moi T'es rien Tu sais. Je le jure je partirai, et quand je partirai...
Tu verras la Solitude.
Je ne connais pas de pire dictature que celle de la communication comme on l'entend aujourd'hui.
C'est comme ces putains de magazines qui pullulent par milliers et nous apprennent que le must de la féminité c'est de ne pas se nourrir et ressembler à un sac d'os ambulant, que le rouge sera tendance l'été prochain.
Ces putains de torchons dont les couvertures d'hommes singes aux parfaits abdominaux me rapellent fortement les campagnes de propagandes nazie.
Mais tout ça n'est pas grave, on y est habitués. L'intellectuel d'aujourd'hui dénonce l'impérialisme en bouffant un cheeseburger
et crache sur la merde à la télévision alors qu'elle trône au milieu de son salon.
La publicité est l'instigatrice d'un marché de bétail, mais elle permet tant de choses : ACHETER !!!
La réalité c'est que les îcones qui font les rêves de la consommation sont les nouveaux "nègres" comme on disait autrefois.
Pauvre bétail, qui par sa bétise participe à l'horreur du monde.
(Désolé Claudia, toi et tes soeurs êtes peut-être bonnes !!!, mais vous n'incarnerez jamais la beauté.)
Les agences regardent leur dents, leurs cheveux, leur cul, avant de les maquer comme des putes.
On va les chercher dans leur pauvre Russie, Estonie ou autres ruines d'un autre temps.
A quinze ans elles quittent l'école par appât du dollar et à vingt-trois on les renvoie chez elles,
dopées à la cocaïne, le coeur à genoux : c'est ça le viol, c'est ça la consommation.
Ici on tue les vieilles. A vingt-cinq ans on les tue. Ordre du MEDIA. A mort les vieilles ! On tue les grosses aussi.
Pas la place pour les inactives, pas la place pour les non-fécondables.
Souvenez-vous des publicités qui mettaient en scène une jeune femme aux airs innocents,
plate car encore jeune, qui léchait une cueillère de yaourt comme on lécherait du sperme.
Mais qui à parlé de pédophilie ? Danone ou qui ?
Evitons l'hyppocrisie : plus besoin pour les anormaux de se sentir rejetés.
J'entend par anormaux les pauvres gens qui ne répondent pas aux critères de Vénus Land, les gueux qui n'entrent pas dans notre chère normalité ...
Les non-superficiels tolérés. Pourquoi les faire souffrir ?
Après tout, la planète ne serait-elle pas plus belle habitée par des Pamela Anderson ou toute autre tare de notre mère CONSOMMATION ?
Allez absorbe jusqu'à gerber la merde qu'on te livre en direct au dîner !
Tu sais quoi, ta propre mort sera retransmise en direct chez toi !
Lorsque la fin du monde sonnera on sera tous devant notre poste de télévision au lieu de regarder les étoiles.

* Un jour viendra nous aurons des rêves à nouveau.
Et le coeur vierge de tout passé nous ouvrirons les yeux sur un nouveau monde ...
(extrait de la chanson : "les hommes" de Damien Saez)
.... à méditer ...

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